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"Si
on s'appuie sur le Guide alimentaire canadien, on devrait prendre de cinq
à 10 portions de fruits et légumes par jour. Ce qui est
beaucoup. Mais 60 % des Canadiens ne consomment pas cela. Pour notre
part, on croit même qu'il est préférable de s'approcher
des 10 portions", indique-t-il.
"Nutrathérapie"
Richard Béliveau a baptisé "nutrathérapie"
cette thérapie préventive qui passe par la consommation
de fruits et de légumes, mais également par la consommation
de divers aliments détenant des propriétés anticancéreuses.
Le terme veut évidemment faire écho celui de chimiothérapie.
Mais, contrairement à cette thérapie qui a recours des
molécules synthétiques, la nutrathérapie fait plutôt
appel à des molécules naturelles.
À ce sujet, M. Béliveau a d'ailleurs
cosigné, avec Denis Gingras, un ouvrage qui s'intitule" Les
aliments contre le cancer : la prévention et le traitement
du cancer par l'alimentation". Les deux auteurs y décrivent
l'importance de la bonne alimentation ainsi que les liens de causalité
avec la maladie. Ils y présentent également plusieurs aliments
qui détiennent des propriétés bénéfiques
contre le cancer : ail, bleuet, brocoli, curcuma, chocolat, chou,
poivre noir, soja, thé vert.
Le virage que propose Richard Béliveau en
est un 180 degrés. Il affirme : "Nous devons revenir
à ce que j'appelle pour ma part les grandes traditions culinaires :
la cuisine indienne, chinoise et méditerranéenne, par exemple.
Des traditions culinaires où les fruits et les légumes ont
leur place."
Du même coup, il balaie du revers de la main
l'industrie de la malbouffe, un fléau qui se trouve à la
base même d'un nombre croissant de problèmes de santé.
Rappelons qu'un Canadien sur trois devra combattre le cancer, et qu'un
sur quatre ne pourra le vaincre.
Richard Béliveau tient à préciser :
"Il ne s'agit pas d'une mode, d'une tendance ou d'un régime."
Le biochimiste de formation ne se présente surtout pas comme un
Montignac de l'alimentation, mais bien comme un chercheur qui croit qu'il
est temps de rétablir de l'ordre dans notre alimentation.
Pour cette raison, la chaire en prévention
et traitement du cancer travaille présentement à la mise
sur pied d'une cartographie des aliments -- un peu comme celle du génome
humain -- qui établirait les combinaisons possibles d'aliments
afin d'optimiser la consommation de certains d'entre eux. L'objectif :
établir une approche globale propre la "nutraprévention",
ce qui permettrait aux consommateurs avertis d'avoir accès
un protocole touchant leur alimentation.
Béliveau résume l'ensemble de
son approche ainsi : "Bien s'alimenter avec une abondance de
fruits et de légumes, c'est en fait se donner une chimiothérapie
quotidienne qui viseà empêcher le développement des
microtumeurs que nous avons dans nos tissus. Parce qu'en fait, nous
sommes tous, en quelque sorte, porteurs d'une tumeur."
Collaborateur du Devoir