Lutte contre le Cancer

 

Dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre le cancer, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et la Ligue suisse contre le cancer (LSC) agissent de concert pour améliorer les mesures de prévention et de soins du cancer en Suisse. Leur but: réduire le nombre de nouveaux cas, augmenter le nombre de guérisons, améliorer la qualité de vie des malades et la qualité du soutien accordé à toutes les personnes concernées.

L'Association suisse pour l'alimentation (ASA) regroupe des nutritionnistes et tous ceux et celles qui, sans être des professionnels, s'intéressent à l'alimentation. Elle s'est donnée pour tâche de transmettre au grand public les principes d'une alimentation saine et, sur la base des connaissances scientifiques actuelles, propose des mesures permettant une prévention efficace.

A propos de ces informations

Ces informations sont extraites d'une brochure éditée par la Ligue suisse contre le cancer et l'Association suisse pour l'alimentation. Vous y trouverez des conseils concrets en matière d'alimentation. Suivez-les, et non seulement vous vous sentirez mieux, mais vous contribuerez vous-même à réduire votre risque de cancer.

Introduction

 

Au cours des quarante dernières années, la science a fait d'énormes progrès dans la lutte contre le cancer. Les examens de dépistage et les méthodes thérapeutiques permettent aujourd'hui de réduire le risque de cancer et d'augmenter les chances de guérison.

En dépit de ces avancées considérables, le cancer n'a jamais cessé de faire peur et les chiffres sont en constante augmentation. A l'heure actuelle, un Suisse sur trois et une Suissesse sur quatre meurent encore des suites de cette maladie.

Cependant, le cancer n'est pas une fatalité. Une bonne moitié des cas de cancer pourrait être évités grâce à un mode de vie plus sain. La recette est simple : ne pas fumer, pratiquer une activité physique minimum et veiller à une alimentation saine.

Oui, l'alimentation joue un rôle primordial dans la lutte contre le cancer. Même si de nombreuses questions restent toujours en suspens, les scientifiques connaissent les facteurs à prendre en compte en priorité. Une alimentation saine, un poids normal et une consommation très modérée d'alcool sont autant de gestes à votre portée. Ils sont votre contribution personnelle à votre prévention.

Il n'existe malheureusement pas de régime miracle qui pourrait prévenir, voire guérir le cancer. Cette maladie n'a jamais qu'une seule cause. Une multitude de facteurs interviennent, notamment celui de l'hérédité.

Vous pouvez néanmoins faire beaucoup vous-même pour réduire votre risque de cancer. Une vie saine vous préserve de la maladie. Votre santé est un bien précieux, préservez-la!

 

Index

 

Le rapport entre cancer et alimentation

Fort des progrès rapides de la recherche sur le cancer à ses débuts, de nombreux scientifiques avaient cru pouvoir déjà crier victoire. Ils pensaient pouvoir enrayer ce fléau par des moyens tous simples. Aujourd'hui, cette euphorie a cédé la place à une position plus nuancée.

Ce que nous consommons n'est pas sans incidence sur le risque de cancer

En dépit d'un grand nombre d'éléments encore manquants, nous savons aujourd'hui avec certitude qu'une consommation régulière de fruits et de légumes réduit le risque de cancer, alors que la consommation d'alcool et la surcharge pondérale l'augmente.

Onze conseils pour diminuer les risques de cancer

 

Conseil n° 1: s'alimenter de façon équilibrée

Une alimentation variée, essentiellement à base de fruits et de légumes, est la clé de votre santé. L'essentiel est de trouver l'équilibre entre les différentes catégories d'aliments.

Conseil n°2: réduire la surcharge pondérale

La surcharge pondérale est un double poids, car les kilos en trop augmentent aussi le risque de cancer. Si vous avez atteint le poids qui vous assure bien-être et vitalité, essayez de le garder.

Conseil n° 3: manger plus de fruits et de légumes

Les fruits et légumes constituent le noyau d'une alimentation saine. Ils stimulent la digestion et contiennent de nombreuses substances qui ont un effet protecteur. Si vous ne pouvez manger 500 à 800g de fruits et légumes par jour, complétez par des compléments alimentaires complets et des jus de fruits naturels.

Conseil n°4: consommer davantage de pain, de riz, de pommes de terre et de pâtes

Les aliments à base de céréales, surtout lorsqu'ils sont complets, ont également un effet protecteur contre le cancer.

Conseil n°5: modérer la consommation de viande

Pour éviter les risques supplémentaires, modérez votre consommation de viande (2 fois par semaine maximum), évitez les viandes à teneur élevée en graisse et la charcuterie. Débarrassez la viande de toute graisse superflue avant la cuisson et consommez avec mesure les aliments fumés.

Conseil n°6: utiliser de préférence les matières grasses végétales

Du point de vue de la prévention du cancer, on ne peut que recommander la cuisine méditerranéenne car elle est essentiellement à base d'huile d'olive. Les matières grasses végétales sont en effet bien plus saines que les autres.

Conseil n°7: boire moins d'alcool

Qui boira, vivra... à condition de boire de l'eau et des tisanes peu ou pas sucrées. Par contre, la consommation de boissons alcoolisées augmente considérablement le risque de cancer.

Conseil n°8: cuisiner en douceur, sous les 100 degrés

Une préparation des aliments tout en douceur permet d'éviter des risques inutiles. Cela est aussi valable pour les grillades, à condition de respecter certaines règles de base.

Conseil n°9: attention à la conservation des aliments

Quelques règles simples vous permettront de préserver la valeur nutritive de ce que vous mangez: ne consommez pas d'aliments moisis, ni de graisses et d'huile rances.

Conseil n° 10: davantage d'activité physique

L'exercice physique est non seulement un facteur d'équilibre-on se sent bien dans son corps-, mais il contribue aussi à la prévention du cancer.

Conseil n° 11: ne pas fumer

Enfin et surtout, fumer nuit gravement à votre santé et cela de manière durable. Les non-fumeurs vivent plus longtemps, sont en meilleure forme et goûtent plus intensément les plaisirs de l'existence.

 

Le rapport entre cancer et alimentation

 

Au début des années 80, le Congrès américain chargea deux chercheurs britanniques d'établir un rapport à partir de toutes les données disponibles sur le cancer. Leurs conclusions furent tout à fait surprenantes: 35% de tous les décès dus au cancer pouvaient être imputés à une mauvaise alimentation!

 

L'établissement d'un lien entre l'alimentation et le cancer fut une véritable révolution. Certes, on connaissait depuis longtemps les bienfaits d'une alimentation équilibrée et d'un mode de vie sain, mais jusqu'alors, on avait manqué de preuves. Le rapport du Congrès les apportait, données scientifiques à l'appui.

Il se référait par exemple à une étude menée auprès de la population japonaise immigrée aux Etats-Unis. On savait que le nombre des cancers de l'estomac était particulièrement élevé au Japon, alors qu'aux Etats-Unis, les formes de cancer les plus répandues étaient le cancer des intestins et celui du sein. On imputait cet état de fait à des différences génétiques entre les deux races, mais on s'est vite aperçu que cela n'était nullement le cas. En effet, les immigrés japonais s'étant adapté aux habitudes alimentaires américaines, le taux de cancer des intestins et du sein augmentait de manière considérable parmi cette population et, parallèlement, le nombre des cas de cancer de l'estomac diminuait.

C'est également au cours des années 80 que les chercheurs ont abandonné le rêve de pouvoir gagner la guerre contre le cancer - une guerre terrible qui durait depuis les années 60. En dépit de méthodes thérapeutiques toujours plus élaborées et d'une multitude de connaissances scientifiques, ils finirent par accepter qu'on ne pouvait guérir certaines tumeurs.

Ces deux découvertes ont eu une influence considérable sur l'orientation du débat autour de cette maladie. On commençait à prendre en compte la nécessité de la prévention. L'hypothèse selon laquelle une alimentation équilibrée et qui met l'accent sur les fruits et les légumes permettrait de réduire le risque de cancer fut rapidement confirmée. De plus, on trouvait toujours de nouvelles preuves permettant d'affirmer que les vitamines, les sels minéraux et certaines autres substances végétales avaient un effet protecteur.

En dépit de tous les maillons manquants de la chaîne, il semble aujourd'hui établi que les facteurs environnementaux (pollution chimique de l'air et des aliments) et le mode de vie influencent davantage l'apparition du cancer que ce que l'on croyait. Nous devons en prendre conscience et refuser l'idée de fatalité. Nous contribuerons ainsi activement à notre propre prévention contre le cancer.

Ce que nous consommons n'est pas sans incidence sur le risque de cancer

 

Dès le début du vingtième siècle, des études scientifiques ont montré le lien entre l'alimentation et l'apparition du cancer. Mais en dépit de leurs efforts incessants, les scientifiques n'ont toujours pas réussi à élucider la relation exacte de cause à effet. En effet, les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de déterminer avec précision quels aliments peuvent réduire ou augmenter le risque de telle ou telle forme de cancer, ni dans quelle mesure. Les scientifiques distinguent entre des liens prouvés, probables et possibles. Le tableau suivant récapitule l'état des connaissances scientifiques actuelles:

En veillant à votre alimentation, vous pouvez considérablement diminuer votre risque de développer un cancer. Voici les quatre règles de base:

  • Manger davantage de fruits et légumes bios de préférence.
  • Réduire la surcharge pondérale.
  • Diminuer la consommation de viande et de matières grasses.
  • Boire moins d'alcool.
  • Avoir plus d'activités physiques
 

L'alimentation n'est qu'un aspect de la prévention du cancer. Il est tout aussi important de ne pas fumer et d'exercer un minimum d'activité physique.

Vous en profiterez doublement: vous diminuerez votre risque de développer un cancer - et de nombreuses autres maladies et vous vous sentirez mieux dans votre peau. Non pas dans un avenir lointain, mais ici et maintenant.

© 2000 Ligue suisse contre le cancer et Association suisse pour l'alimentation